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Les métiers du BTP évoluent vers le développement durable

 | par Le Moniteur Emploi

Les métiers du BTP évoluent vers le développement durable
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- Le développement durable a un impact sur les métiers de la construction sans pour autant en faire naître de nouveaux
- Les évolutions portent principalement sur la façon d’appréhender les marchés et de conseiller les clients.

« Ça change et ça ne change pas », résume Philippe Caillol en évoquant son métier de plâtrier. Acceptant le mot “d’évolution”, mais récusant celui de “revolution”, le président de l’Union des métiers du plâtre et de l’isolation (Umpi) ne fait que résumer l’avis général des professionnels du bâtiment. Auquel se range volontiers son collègue de l’Union de la maçonnerie et du gros œuvre (Umgo), le président Franck Cotton, qui bannit de son vocabulaire le mot “rupture”. Mais s’il faut bien admettre qu’aucun métier réellement nouveau n’est apparu depuis que le développement durable occupe toutes les têtes, force est de constater que les métiers traditionnels ont subi un sérieux lifting. Cette cure de jouvence résulte d’une technicité accrue conjuguée à une réglementation plus complexe. Elle demande aux gens de terrain davantage de réflexion, un éventail élargi de compétences et un ajustement de leur comportement face à un type de chantier et de clientèle plus exigeant. Le “new deal” du BTP peut se décliner en cinq mots d’ordre.

Penser global

C’est le leitmotiv des représentants des syndicats professionnels. «Associer isolation et ventilation est devenu incontournable si l’on ne veut pas que les maisons se transforment en thermos», estime Philippe Caillol. «Pour atteindre la performance énergétique, il y a nécessairement transversalité, confirme Jean-Claude Guillot, président de la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique (FFIE). L’électricien doit tenir compte du fait que le client raisonne aujourd’hui globalement et que moins il trouve d’interlocuteurs en face de lui, mieux il se porte.» L’éco-PTZ, dont l’attribution est conditionnée à la réalisation d’un bouquet de travaux, entérine et encourage cette attitude. Face à cet impératif, deux postures possibles pour l’entreprise: être généraliste tout en étant pointue dans plusieurs domaines, ou bien être spécialisée et dans ce cas s’associer à d’autres.

Travailler ensemble

L’électricien Jean-Claude Guillot penche pour la première hypothèse: «On ne pourra pas proposer d’offres packagées en restant sur nos seuls métiers de base. Cela implique d’élargir nos connaissances.» Philippe Caillol, de l’Union des métiers du plâtre et de l’isolation, prône aussi “une vision plus large de nos métiers”, tandis que son alter ego de la FFIE, Jean-Claude Guillot, parle “d’assemblage de competences”. A défaut d’être polyvalents, ce qui restera sans doute le cas d’une majorité d’entreprises, les professionnels devront de plus en plus opérer des rapprochements avec les autres corps d’état. Henri Navarro, président de l’Union nationale des entrepreneurs d’enduits de façade (Uneef), défend cette théorie : «Il y a besoin d’une interaction de plus en plus grande entre les métiers. D’ailleurs, même dans le neuf, nombre de maîtres d’ouvrage exigent maintenant une prestation globale et ne travaillent plus lot par lot.» Mais c’est bien le marché de l’ancien qui indique la voie à suivre. «De tout temps, nous avons travaillé avec d’autres corps d’état. Cette démarche touche désormais la rénovation, dans le cadre de l’amélioration de la performance énergétique. On travaillera de plus en plus avec nos collègues menuisiers, plâtriers…», souligne Jean-François Marty, président de l’Union climatique de France (UCF). Lequel en appelle même à l’émergence d’une véritable “conscience collective”.

Conseiller les clients

Le président de l’UCF évoque aussi la “révolution culturelle” qui est en marche. Elle suit et accompagne les évolutions techniques et réglementaires que doivent intégrer les entreprises. Les objectifs en termes d’économies d’énergie et de réduction de gaz à effet de serre sont tels que l’on glisse insensiblement d’une obligation de moyens à une «obligation de résultat», selon le climaticien François Marty. Certaines professions ne seraient-elles pas carrément en train de changer de nature, voire de muter ? «Nous passons de métiers de réalisation à des métiers de services, les travaux n’étant plus qu’un corollaire de notre activité», affirme sans hésiter l’électricien Jean-Claude Guillot. Cette notion de service recèle plusieurs facettes que décrypte le président de l’UCF: «Il s’agit d’apporter du conseil aux clients, mais il faut aussi apprendre à (se) vendre et à commercialiser une offre.» Un défi bien plus ardu que de rester cantonné à la simple exécution. Même son de cloche du côté des plâtriers, dont le président Philippe Caillol relève un autre aspect du métier: «Nous devons être capables de dire au client de quelle aide financière et de quel crédit d’impôt il peut bénéficier.» Sur un plan strictement technique, un métier du bâtiment a déjà vécu un grand chambardement, c’est celui d’enduiseur de façade. «Depuis le retour en grâce de l’isolation par l’extérieur, nous sommes obligés de travailler sur des supports différents: avant c’était de la maçonnerie, aujourd’hui du bois, de la brique, etc.», signale Henri Navarro. Plus complexe aussi, la réglementation. Pour le chef de file des entreprises du gros œuvre,Franck Cotton,«la vraie difficulté consiste à intégrer en même temps plusieurs contraintes : réglementation thermique, réglementation sismique et accessibilité des handicapés.»

Modifier ses pratiques

L’une des conséquences de la révolution verte, c’est de modifier en profondeur certains comportements et d’obliger à acquérir de nouveaux réflexes. Par exemple, adopter une attitude plus “discrète” sur les lieux de travail. « Les chantiers de rénovation nous amènent à intervenir sur des sites occupés. Cela nécessite des efforts pour réduire les poussières, débarrasser les déchets, être plus discrets : fini la radio qui chante à tue-tête ! », observe le patron des plâtriers. Mieux préparer les chantiers en amont devient, en outre, impératif. Ne serait-ce que pour calculer au mieux la quantité de matériaux nécessaire. Une préoccupation majeure pour les plâtriers, qui génèrent, selon leurs propres dires, un volume trop important de déchets. A l’Umpi, on a calculé que, bon an mal an, la profession jetait 15 millions de mètres carrés de chutes de plaques de plâtre, soit 5 % du volume utilisé. Réduire les rebuts à la source ressort tout autant d’une économie bien comprise que d’un état d’esprit plus ouvert. « Il faut faire évoluer les mentalités des entreprises », expliquent à l’unisson Henri Navarro et Franck Cotton. Leur remarque, d’ordre général, s’applique bien à la notion de respect de l’environnement. Et surtout elle aboutit à la même conclusion chez les deux hommes: l’impérieuse nécessité de se former.

Se former

Si «le métier est devenu plus compliqué», selon le président de l’Uneef, s’il est «plus technique qu’autrefois», aux dires du président de l’Umgo, voire «multitechniques», d’après le président de la FFIE, les vertus de la formation et de l’information apparaissent comme une évidence. «Pour se tenir au courant des nouveaux produits, des nouvelles techniques et des nouvelles normes, il est indispensable de se former», confirme Franck Cotton. Ce qui vaut pour le gros oeuvre vaut pour le chauffage et la climatisation. « Le problème de la formation se pose avec acuité quand une entreprise possédant une seule technique est sollicitée pour la mise en oeuvre d’une nouvelle technologie telle que l’installation de panneaux solaires. Elle doit acquérir de nouvelles connaissances dans le domaine thermique, mais aussi sur le plan juridique et commercial », relève Jean-François Marty, le porte-parole des climaticiens. Le président de l’Umgo attend des plâtriers qu’ils aient au moins «un vernis en matière de ventilation». Les organisations patronales jouent pleinement leur rôle de formateur et d’informateur. L’Education nationale reste cependant l’acteur essentiel, en particulier en amont, pour former les jeunes. Mais Franck Cotton porte un regard assez critique sur cette institution : « Elle ne bouge pas encore suffisamment. Il faut qu’elle comprenne que les métiers du bâtiment vivent la même évolution que l’industrie il y a trente ans.»

Frédéric Marais

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