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Travailler dans le BTP

Grutière : « Ce métier me donne de l’adrénaline, c’est ce qui me plaît ! »

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Grutière : « Ce métier me donne de l’adrénaline, c’est ce qui me plaît ! »
Ses trois premières années d’expérience ont été les plus difficiles à vivre car débutante et femme
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Avant de se lancer dans le BTP, Séverine Hannier était aide médico-psychologique en maison de retraite. Une prise de conscience l’a conduite à envisager une reconversion professionnelle pour devenir grutière.

 

« J’ai été aide médico-psyschologique en maison de retraite, rapporte Séverine. Mais j’ai arrêté cet exercice car j’ai été témoin de maltraitances, et il était impossible pour moi d’exercer mon métier dans ces conditions. » Après un bilan de compétences, elle reste dans le flou. « A cette époque, j’avais mes frères à charge et je suis allée à la mission locale pour me renseigner pour l’un d’eux. On m’a parlé du métier de grutier qui était très recherché et bien payé. J’ai tout de suite éliminé cette option pour mon frère qui a le vertige. En revanche, cela a fait tilt en moi. Parfois, on ressent les choses instinctivement. »

Elle contacte l’Afpa pour se renseigner sur les formations. « J’ai tout fait pour l’obtenir, explique-t-elle. Il a d’abord fallu que je monte dans la grue pour baliser le vertige. Une fois cela acquis, j’ai du faire une consolidation de mon projet de formation. Une pratique que je trouve un peu discriminante car réservée aux femmes qui veulent effectuer un métier soi-disant d’homme. Ce mois de découverte du métier vise à s’assurer qu’il s’agit bien de l’orientation que l’on souhaite prendre. »

Une formation de deux mois

En tant que demandeur d’emploi, Séverine obtient, après un premier refus, un financement par la Région. Elle suit sa formation pendant deux mois en 2004 et obtient son Certificat d’aptitude de conduite en sécurité (CACES). « Pendant cette formation, on apprend à conduire une grue, à manier les commandes, à conduire avec les gestes de sécurité effectués avec la personne au sol, avec les talkies-walkies ou encore en non-visibilité, notamment lorsqu’on doit déposer des charges derrière un immeuble ou pour l’élévation d’un bâtiment », énumère Séverine. Ils apprennent aussi à travailler au sol, à attacher les charges.

Dès le lendemain de l’obtention de son diplôme, elle fait le tour des agences d’intérim. « Je pensais trouver du travail en quelques jours, mais en réalité, les employeurs accordent moins leur confiance aux débutants en raison de la responsabilité liée à la fonction, et encore moins aux débutantes. » Finalement, à force de démarches, elle trouve une agence d’intérim satisfaite d’avoir une femme grutière dans ses fichiers et trouve du travail en quinze jours.

« J’ai travaillé quelques mois avec eux avant d’être embauchée en juillet 2005. » Elle reste sept ans dans cette entreprise avant de démissionner pour retourner en intérim et faire de la formation à la suite d’une proposition de l’Afpa. Depuis 2012, elle jongle entre les deux activités et suit même une formation de formateur en 2016. « Etre formatrice peut être très déstabilisant au début, d’autant plus lorsqu’on est une femme. Cela faisait huit ans que j’étais seule dans une cabine, et d’un coup, je me suis retrouvée face à un groupe que je devais animer. En plus, sur un chantier, je suis très à l’aise avec les autres et j’ai reproduit ce schéma en formation. Or avec les étudiants, il faut tout de suite mettre des barrières. Je l’ai payée car j’ai eu des difficultés à me faire respecter. »

Savoir être maître de soi

Travailler sur une grue n’est pas à la portée de tous. « Il faut aimer la solitude, être maître de soi, avoir du sang froid, estime Séverine. Il faut aussi être très concentré car on manipule des éléments très volumineux et lourds. Un moment d’inattention peut être dangereux pour les personnes au sol. » Et d’ajouter : « Ce métier me donne de l’adrénaline, c’est ce qui me plaît. Dans mon quotidien, j’en ai besoin et j’aime avoir cette place de premier rang sur le chantier et avoir un rôle sur son avancée. » Ses trois premières années d’expérience ont été les plus difficiles à vivre car débutante et femme. « J’ai du faire ma place et trouver mon positionnement, pour me faire respecter, reconnaît Séverine. Pour certains, lorsque je faisais des erreurs, c’était parce que j’étais une femme. Et moi aussi j’étais un peu rentre dedans. Maintenant, je reste quelqu’un de sympathique mais je suis plus distante et ferme. »

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