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Et si on vivait sous le même toit ?

 | par Marjorie Corcier

Et si on vivait sous le même toit ?
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Et si vous habitiez dans le même immeuble que vos amis ? Bien qu'encore balbutiant, l'habitat coopératif se développe petit à petit en France. Expérience dans le quartier de la Cartoucherie à Toulouse (Haute-Garonne).

Ils s’appellent Jean, Geneviève, Thomas ou Marion. Ils ont la quarantaine, la soixantaine ou plus de 80 ans. En couple, seuls ou avec enfants. Non, ils ne sont pas de la même famille mais ils ont choisi de vivre tous sous le même toit… Enfin, plutôt dans un bel immeuble de bois et de béton dans le quartier de la Cartoucherie à Toulouse (Haute-Garonne).
 
Plus qu’une adresse commune, c’est un projet de vie partagée qu’ils ont réalisé voici deux ans au sein d’un habitat coopératif. « On ne vit pas en communauté ! », sourit Thomas Berthet, membre d’Abricoop, la coopérative d’habitants qui régit la vie de l’immeuble. En effet, chacun a son chez soi parmi les 17 logements, du T1 au T4. « Nous avons une grande pièce commune, une buanderie, trois locaux de rangements et trois chambres d’amis que nous partageons », détaille Thomas Berthet. 
 
Deux ans après son emménagement, Thomas Berthet est ravi. « C’est très, très satisfaisant, la vie ici va même au-delà de mes attentes ! », s’enthousiasme ce papa qui vit ici avec sa femme et ses deux filles. « Veiller sur un voisin un peu faible, l’aider s’il ne peut pas se faire à manger, prendre son tour de ménage s’il est malade, énumère le coopérateur. Mais, ce ne sont pas que les jeunes qui aident les vieux. La solidarité va dans les deux sens ».
 

Ici, personne n’est propriétaire

 
Dans ce petit monde coopératif, solidarité et entraide font partie des piliers de la maison. Ici personne n’est propriétaire des murs qui appartiennent à la coopérative Abricoop. Chacun paie un loyer, une redevance coopérative, qui va de 3€ à 13€ le mètre carré. « On trouve des retraités qui ont du patrimoine mais peu de revenus ou des jeunes qui ont plus de revenus mais pas de patrimoine : souvent, les vieux apportent plus et les jeunes paient plus chaque mois », explique Thomas Berthet. 
 
La solidarité c’est aussi de permettre à des personnes qui ne sont pas solvables de se loger. « Nous avons des habitants avec un redevance très basse car ils ont peu de revenus. D’autres locataires paieront plus pour compenser, c’est notre péréquation interne. Ici, c’est la coopérative qui emprunte : pas de banquier pour jauger le profil de chacun », vante l’habitant.
 
Pas de spéculation immobilière non plus. Les locataires détiennent des parts dans la coopérative qu’ils se feront rembourser au prix historique en cas de départ.
 
Une vie de coopération avec des espaces partagés, une société où la propriété n’existerait plus, sans spéculation immobilière, mâtinée d’entraide et de solidarité… Des arguments qui ne vont pas sans rappeler ceux qu’on appelait alors les utopistes et qui, au XIXe siècle avaient imaginé le phalanstère, la cité idéale…
 
Aujourd’hui, force est de constater que l’habitat partagé ou coopératif a dépassé le stade de l’utopie. Et les innovations que ce nouveau vivre ensemble apporte inspirent même les professionnels du secteur. « Des promoteurs sont déjà venus nous voir et aujourd’hui il arrive de voir une buanderie commune ou un jardin partagé sur le toit dans des projets immobiliers classiques », observe Thomas Berthet.
 

Une alternative à l’Ehpad pour les seniors

 
Partout en France, des habitats coopératifs attendent leur heure. Annie Le Roux, coprésidente de l’association Hal’âge, qui ambitionne de créer un réseau, suit de près une vingtaine de groupes en France. « Très peu sont dans leurs murs car c’est très difficile à monter », déplore la septuagénaire. Beaucoup sont des baby-boomers vieillissants qui voient là une alternative à l’Ehpad. « Aujourd’hui on est dépossédé de son domicile. Différentes personnes ont les clés de votre maison et c’est quelque chose dont les gens ne veulent pas» , observe Annie Le Roux. Avec son association, cette dernière a visité à Essen en Allemagne des logements partagés avec des studios dédiés aux plus âgés, reliés aux autres colocataires via des sonnettes, avec une présence médicale 24 heure sur 24. « Cela n’existe pas en France », regrette-t-elle.
 
A Toulouse, c’est en partie grâce à un prêt garanti par la Carsat (caisse de retraite et de santé au travail) que le projet _où sept des 17 logements sont dédiés aux seniors_ a pu voir le jour, après 10 ans d’attente. Thomas Berthet a conscience de faire partie des « pionniers », d’ailleurs il anime chaque mois une réunion juridique et financière de la Fédération Habicoop pour aider les groupes à concrétiser ce rêve de coopérative d’habitants. Pour lui il n’y a pas de raisons pour que ces constructions restent confidentielles en France. « A Zurich en Suisse, 20% des logements sont coopératifs, à Oslo en Norvège, c’est 40%. On en compte 25% en Turquie. Il n’y a pas de limite ! », veut-il croire.

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