emploipro.fr le site d’offres d’emploi professionnelles des magazines

L'argus de l'assurance L'usine nouvelle Lsa Neo restauration Le Moniteur
Une marque du réseau Emploipro.fr

Travailler dans le BTP

Des contrats pros pour des réfugiés chez NGE

 | par Marjorie Corcier

Des contrats pros pour des réfugiés chez NGE
Reportage NGE/AFDAS
  • partager avec Facebook
  • partagez avec twitter
  • partager avec google +
  • partager par email
  • imprimer

Voici un an le grand groupe de BTP NGE a proposé 21 contrats de professionnalisation à des réfugiés. Au terme de la formation, plus de la moitié d’entre eux devraient intégrer le groupe en CDI.

Un sourire éclaire la voix de Shakirullah. « Oui, je suis très content de ma vie aujourd’hui », glisse-t-il dans un français encore hésitant. « Et mon chef est très gentil avec moi ! », ajoute-t-il avec un clin d’œil à Mourad Brigui, son chef de chantier à ses côtés. Ce dernier s’amuse du compliment. Plus qu’un chef, Mourad a endossé depuis quelques mois le rôle de tuteur. Au quotidien, Mourad, qui travaille chez NGE, à Grenoble (Isère), épaule avec bienveillance ce jeune Afghan de 28 ans recruté dans le cadre du dispositif Hope (comme habitation, orientation et parcours vers l’emploi).

 

Voici un an, NGE, grand groupe français de bâtiment et travaux publics s’est lancé dans une belle aventure humaine : proposer à 25 réfugiés de rejoindre l’entreprise via des contrats de professionnalisation. « Après avoir bénéficié d’un programme en préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC) à l’Afpa de Berne-sur-Oise (apprentissage du français, éducation civique…), ces réfugiés ont rejoint les implantations de NGE en France pour démarrer l’apprentissage d’un métier du BTP en voirie et réseaux divers… dans le cadre d’un programme de 580 heures », explique Bruno Pavie, le directeur des ressources humaines du groupe.

 

« Ils ont une vraie volonté d’y arriver »

 

Une journée de de rencontre avec les réfugiés a été organisée. « L’idée, c’était de détecter les profils enthousiastes avec l’envie de travailler », relate le DRH. Au final sur 25 candidats retenus, 21 rejoindront l’expérience. Ces contrats pros sont rémunérés à 100% du Smic avec indemnités de trajet et de panier, et heures supplémentaires si besoin. Les recrues sont logées dans des foyers de l’Afpa.

 

Du côté des directions régionales de NGE, toutes ont accepté d’intégrer ces nouveaux venus à leurs équipes. A la direction Savoie Vercors Vivarais, Patrick Bastien a accueilli Shakirullah et un autre compatriote afghan à Grenoble, ainsi qu’un Soudanais et un Ivoirien à Chambéry. « Ce sont des hommes avec un parcours de vie chaotique, ils ont une vraie volonté d’y arriver, de s’en sortir », salue-t-il. 

 

Originaire d’une région plutôt agricole en Afghanistan, Shakirullah avait déjà été employé dans les champs mais aussi dans le bâtiment. Le jeune homme, qui n’a fréquenté l’école que pendant trois ans, explique travailler depuis l’âge de 10 ans. Sa vie menacée, il quitte son pays. De son long voyage, il parle peu, racontant avoir « beaucoup marché » passant par la Turquie et par la Grèce. Au bout du chemin, la France, c’était en 2018. Comme les autres recrues du dispositif Hope, Shakirullah a été placé sous l’égide d’un tuteur référent. « C’est la pierre angulaire pour que les planètes s’alignent, sinon cela ne marche pas », poursuit Bruno Pavie. 

 

Plus d’une dizaine devraient signer un CDI

 

Au quotidien, ce référent va notamment aider le réfugié à rejoindre le chantier, pas toujours accessible en transports en commun. Lui servir de guide dans sa découverte du métier. Mourad Brigui, chez NGE depuis 13 ans, et tuteur de Shakirullah, endosse cette nouvelle mission avec conviction. Ce Tunisien, arrivé en France à 30 ans, applaudit l’initiative de son employeur. « Moi aussi quand je suis arrivé chez NGE, j’ai eu des chefs humains et ouverts d’esprit. C’est une mentalité différente, comparé à ce que l’on peut vivre dans d’autres entreprises », assure le chef de chantier.

 

Pas d’angélisme pour autant. « Ce travail d’intégration reste difficile, observe Bruno Pavie. La première barrière c’est celle de la langue. Ensuite le confinement n’a pas facilité les choses. Mais nous avons été portés par la force de l’énergie collective. ». Au terme de cette année, plus de la moitié de cette promotion 2020 devrait rejoindre l’effectif de l’entreprise dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée. « Certains hésitent encore à s’engager dans le métier, on leur proposera des contrats de chantier. D’autres préfèrent s’orienter vers une autre voix, c’est leur choix, nous leur aurons mis le pied à l’étrier », poursuit le DRH de NGE, « très satisfait » de ces résultats et qui envisage déjà de renouveler l’expérience. 

 

Au sein de sa direction régionale, Patrick Bastien va embaucher trois des quatre réfugiés en CDI début janvier. Parmi eux, Shakirullah. Pour lui, ce contrat est un pas de plus sur son long chemin vers une nouvelle vie. « J’aimerais trouver un studio et puis un jour faire venir ici ma femme et mes enfants qui ont 3 ans et 5 ans. Cela fait deux ans qu’on ne s’est pas vus », glisse-t-il avec espoir.

 

Partagez cet article

NEWSLETTER

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la newsletter !

Vous aimerez aussi

Un campus 100% numérique

Un campus 100% numérique

Le gestionnaire de patrimoine, expert de la protection financière sur-mesure

Le gestionnaire de patrimoine, expert de la protection financière sur-mesure

La transformation de l’entreprise, clé d’une réussite en 2021

La transformation de l’entreprise, clé d’une réussite en 2021

Les accélérateurs comme soutien au déploiement des start-up

Les accélérateurs comme soutien au déploiement des start-up

GRATUITL'aéronautique recrute mais manque de candidats

Déposez votre cv et devenez visible des recruteurs

Je dépose mon cv
Suivez-nous sur Facebook !

4180 offres d’emploi en ligne

Fermer X